Rapport de Thomas Mesnier sur l'accès aux soins

Mon collègue Thomas Mesnier, député LREM de Charente a remis un rapport à Madame Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, portant sur l'accès aux soins. J'ai donc souhaité vous informer sur le contenu de ce rapport qui me paraît pertinent et allant dans le sens d'une amélioration de l'accès aux soins pour tous nos concitoyens. 

 Tout d’aord, le système de santé actuel a été créé après-guerre et arrive à bout de souffle. La société est beaucoup plus consommatrice de soins qu’auparavant : la moyenne de vie a fortement augmenté, les jeunes personnes sont beaucoup plus inquiètes et veulent plus facilement consulter, les soins se sont complexifiés. Par ailleurs, les médecins généralistes aspirent aujourd'hui à une qualité de vie supérieure ce qui implique de pouvoir augmenter leur nombre alors même que pour remplacer un médecin qui part en retraite, il faut aujourd’hui presque 2 médecins pour le même volume de clientèle.

Ensuite, l'urgence est telle qu'elle est conçue aujourd'hui par les demandeurs de soins est l'urgence ressentie et non plus l'urgence vitale. Ce glissement de perception conduit à une saturation des organismes de soins actuels tels que les Urgences puisque, en cas d’impossibilité d’aller chez son médecin pour répondre à cette urgence ressentie, les personnes vont se tourner vers les Urgences voir même renoncer aux soins face au temps d’attente. Les médecins généralistes eux-mêmes vont être débordés. Par ailleurs, de moins en moins de personnes ont des médecins traitants et beaucoup préfèrent aller aux Urgences du fait de la gratuité apparente des soins. En réalité, une consultation chez un médecin généraliste coûte 28 euros alors qu'une prise en charge aux Urgences coûte au minimum 50 euros et peut aller facilement jusqu'à 150 euros du fait des examens effectués parfois inutilement.

L'ouverture du numerus clausus n'est pas suffisant pour remédier au problème à court terme. En effet, pour avoir autant de médecin qu'actuellement il faudra attendre 2010 et ce nombre-là ne sera pas suffisant puisque pour un médecin aujourd'hui il en faudra presque 2 demain. Par ailleurs, il est difficile actuellement de former davantage de médecins. En effet, les structures hospitalières et universitaires n'en ont pas forcément la capacité.  Il s’agit alors de proposer d’autres solutions. A ce titre, le présent rapport dégage quatre grands axes de travail :

  • La médecine générale est l'essence même du soin non programmé. La solution à court terme serait que les médecins généralistes s’organisent mieux pour voir plus de patients sans pour autant travailler plus de temps. Il y a là alors des incitations à s'organiser ensemble à l'échelle d'un bassin de vie. Cela permettrait de mettre en place un système qui tourne pour qu'une personne par jour s'occupe des soins non programmés et que tous ne partent pas en vacances en même temps.
  • Décloisonner le système de santé : beaucoup de soins ne nécessitent pas l'intervention spécifique d'un médecin. Il faut pouvoir déléguer :
    • Déléguer certaines compétences aux pharmaciens, kinésithérapeutes, infirmiers qui couvrent bien le territoire.
    • Faciliter les prescriptions pour des traitements annuels.
  • Régulation : Proposition d'un numéro unique avec beaucoup plus de personnes pour traiter les appels.
  • Education de la population: information des autres moyens de soins.
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